Viennoiseries industrielles : un boulanger se bat pour un affichage clair

Frédéric Roy s’insurge contre les croissants surgelés. Ce boulanger niçois veut sauver le savoir-faire artisanal, comme le raconte BFM TV.

Des boulangers veulent redonner au croissant ses lettres de noblesse. De nombreux clients pensent qu’acheter un croissant dans une boulangerie artisanale suffit à garantir qu’il soit « fait maison ». Eh bien, non. La Fédération des entreprises de boulangerie (FEB) assure que 80 % des viennoiseries achetées en France sont, en réalité, des produits industriels surgelés. Dimanche 9 février, BFM TV relaye le combat d’un boulanger niçois, Frédéric Roy.

Depuis deux ans, il œuvre pour valoriser les viennoiseries artisanales et informer véritablement les clients sur l’origine de ce qu’ils achètent. « Il faut que les consommateurs sachent ce qu’ils achètent vraiment et ne pas pénaliser les artisans qui se donnent du mal pour produire un croissant de qualité », explique le boulanger à BFM TV. Pour cela, il veut établir un cadre légal. Le 13 septembre 1993, le « décret pain » promulgué par le gouvernement d’Édouard Balladur encadrait la fabrication de la baguette de tradition française. Ce texte imposait aux boulangers de fabriquer, sur place, un pain maison, mais rien de semblable n’existe pour les viennoiseries.

Label qualité

Si les boulangers qui vendent des croissants surgelés gagnent du temps, ils réalisent également des marges supérieures. « Je devrais vendre les miens entre 1,15 et 1,20 euro, mais je suis obligé de m’aligner sur ce tarif pratiqué par mes concurrents. Je ne peux même pas répercuter les hausses des matières premières. En trois ans, le beurre a augmenté de 140 % », souligne Frédéric Roy, cité par BFM TV.

Aujourd’hui, il ne baisse pas les bras et multiplie les actions. En plus d’une pétition mise en ligne en 2018, il a également mis en place un label qualité et propose une carte de France des viennoiseries artisanales. Aujourd’hui, il peut compter sur le soutien de Cédric Roussel, député LREM des Alpes-Maritimes. « Cette nouvelle appellation aurait pour vertu de renforcer l’impératif de transparence envers les consommateurs, permettant une concurrence loyale entre artisans et industriels », avait expliqué le député. Mais le chemin s’annonce semé d’embûches. Pour faire bouger les choses, il est nécessaire de convaincre les États membres et de changer la réglementation européenne. La route est encore longue.

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